Au cœur de Lausanne, un nouveau lieu culturel vient redessiner le paysage artistique suisse. Le Musée Artistes Femmes (MAF), ouvert en mars 2026, est le premier musée indépendant en Suisse entièrement dédié aux artistes femmes émergentes. Une initiative ambitieuse, portée par sa fondatrice et directrice Marie Bagi, qui entend répondre à un manque encore bien réel : la visibilité des femmes dans l’histoire de l’art.
Un musée né d’un manque de visibilité
Le MAF n’est pas un musée comme les autres. Il s’inscrit dans une volonté de répondre à un déséquilibre encore bien présent dans le milieu artistique : la faible visibilité des femmes.
Pensé comme une plateforme dédiée aux artistes émergentes, il se veut à la fois lieu d’exposition, espace de soutien et véritable tremplin. Comme le souligne le site officiel, il s’agit d’un projet qui vise à « donner aux artistes femmes la visibilité qu’elles méritent » et à accompagner leurs trajectoires dès leurs débuts.
Plus qu’un simple espace d’exposition, le MAF se positionne comme un incubateur artistique, où l’histoire de l’art s’écrit au présent.

« Cellules », une exposition inaugurale entre intime et collectif
Pour son ouverture, le musée présente « Cellules: Dialogues entre matières, formes et récits intimes », une exposition qui réunit douze artistes, organisées en six duos:
Charlotte Aeb, Hélia Aluai, Isabelle Ardevol, Katia Bornoz, Sophie Bosselut, Joëlle Cabanne, Delphine Costier, Kathy Le Vavasseur, Daniela Markovic, Audrey Piguet, Alexia Weill, Laura Zimmermann
Le dispositif est central : chaque duo crée une forme de dialogue, où les œuvres se répondent et se confrontent. L’exposition propose ainsi une lecture plurielle de la création contemporaine féminine, entre matières, formes et récits intimes.
Le titre lui-même ouvre plusieurs niveaux de lecture. La “cellule” évoque à la fois :
la structure vivante, la prison, l’atelier, l’intimité, mais aussi l’idée de décloisonnement, de mutation, et de sororité (le-maf.ch)
Certaines œuvres explorent des dimensions personnelles, tandis que d’autres interrogent des enjeux collectifs. Cette tension entre intérieur et extérieur traverse toute l’exposition.
Marie Bagi, une vision engagée pour transformer le monde de l’art
À la tête du projet, Marie Bagi joue un rôle central dans la création et l’identité du musée. Historienne de l’art, commissaire d’exposition et enseignante, elle s’engage depuis plusieurs années pour la reconnaissance des artistes femmes, un manque qu’elle a elle-même constaté dans le milieu artistique.
Fondatrice et directrice générale et artistique du MAF, elle a porté ce projet pendant plusieurs années avant son ouverture, avec l’ambition de créer un lieu entièrement dédié aux artistes femmes.
Un lieu qui accompagne autant qu’il expose
Au-delà de ses expositions, le MAF accorde une place centrale aux artistes elles-mêmes, en les accompagnant à chaque étape de leur parcours. Le musée s’appuie notamment sur un groupe de créatrices (les « Visages du MAF ») qui incarnent à la fois la diversité des pratiques contemporaines et une forme de transmission entre générations. Pensé comme un écosystème, le dispositif ne se limite pas à montrer des œuvres : il propose un soutien concret, des ressources et un réseau, permettant aux artistes de se développer dans un cadre à la fois exigeant et bienveillant. Cette approche globale, qui mêle visibilité, accompagnement et mise en relation, reflète l’ambition du MAF : ne pas seulement exposer, mais participer activement à la construction des trajectoires artistiques.
Une nouvelle adresse à suivre à Lausanne
Situé en plein centre de Lausanne (Rue de la Louve), le MAF s’impose déjà comme un lieu à part dans le paysage culturel romand. Accessible et engagé, il propose une approche différente, centrée sur la visibilité, la transmission et l'accompagnement
Avec cette ouverture, Lausanne confirme une fois de plus son dynamisme culturel, tout en laissant une place plus grande à celles qui ont longtemps été invisibilisées.




